Poèmes

 -RENAISSANCE-

Plonger mon regard dans la beauté d’une rivière,
Y voir la clarté d’une âme derrière les remous de l’esprit,
Et dans cette fluidité qui s’opère,
Reconnaître les cycles de ma vie.

Toucher la bûche sacrée qui s’apprête à nourrir le feu.
Derrière les flammes,
La lumière des Dieux,
Et dans mon coeur, la chaleur de l’âme.

Dans ma clairière, à ce jour choisi,
A chaque fois la pluie.
Une bénédiction du ciel
Pour notre Mère Eternelle.

Et le souffle du vent
Sur mon corps assailli,
Comme un baisé piquant
M’insufflant la vie.

Et la Terre m’offre ses parfums exaltés,
Sous mes pieds, de la mort nourrissant la vie,
De l’écorce meurtrie, sa sève boisé.

Et je m’endors,
Le corps éveillé,
… une petite mort
Qui me rend plus vivant que jamais !

Ô Bois Sacré
Dans mon cœur admiré ;
Douce clairière
En mon âme si chère,
Dans un souffle, presque un soupir,
Avant chaque instant naissant, y mourir !

 

***
   
 

 - DANS L’ABSOLU-


Puisque du néant naît la vie,
Des ténèbres la lumière surgit;
Nous bâtissons dans l’Être
Et non dans le Paraître.

Écouter son cœur,
Ses joies et ses douleurs
Dans le silence, déguster ou panser
Et dans l’absolu,
Accepter ses amours ou ses colères exprimés.

Du franc au pernicieux,
Du dire au double-jeu
De l’homme au faux prophète
Et dans l’absolu,
Pour le juste aucune défaite.

Être homme ou victime
La vérité ou s’éloigner du sublime;
Un choix dans l’existence,
Entrer dans la danse
Et dans l’absolu,
Accepter la cadence.

Une décision dans la vie,
De l’existence au trépas,
Un choix qui nous soigne ou nous meurtri
Et dans l’absolu,
Être ce que nous avons choisi.

De la naissance à la mort,
Ne s’y trompe pas
On entendra tous sonner le glas,
Des anges à l’Ankou, c’est notre sort
Mais dans l’absolu,
Bien Vivre pour bien mourir!

 

***

 

 

 

De larmes de cristal
J'ai vu un océan.
Une cité d'opale
Derrière le bois ardent.
J'ai posé un pied
Dans le monde des fées!

J'ai vu un ciel rougeoyant
sous l'éclat d'un soleil blanc.
J'ai vu de la verdure
Dans la paume de mes mains et mes bras des ramures.
Mon corps serein, S'enraciner....

J'ai posé un pied
Dans le monde des fées
Et j'y ai trouvé
L'éternité!

 

 

***

 

-APPEL A BELEN-


De ce flot d'étoiles qui balaient le ciel,
Lâchant du bout des doigts la Morrigan,
lui soufflant un baiser dans cette nuit éternelle
Et de cette fleur qui naît, voir son âme qui fâne!

De ce halo de lumière naissant
A l'aube de ce nouveau printemps,
Je l'attends!

Les sylphes chantent son nom
Dans une bise encore glacée
Et son écho fécond
Berce nos âmes éthérées.

Les Dryades s'habillent de vert à son arrivée,
Se vêtissent de leurs plus belles parures,
De bourgeons dorés à la sève aux parfums boisés.

La Terre aimante,
Accueillant sa chaleur,
Tapisse son corps des plus belles fleurs
Et s'abandonne à la vie naissante.

Je laisse parler les éléments en moi,
Des sylphes aux Dryades, je me laisse bercer;
De l'eau aux bois,
Je l'attends, éthéré!

De ce flot d'étoiles qui balaient le ciel,
De ce halo de lumière naissant,
Je l'attends,
Bélen.

 

 

***

 

  UNE CHIMERE…

Assis sous ce pommier
Aux premières lueurs du soleil
Je contemple la vallée
Dans ce rêve qui m’émerveille.

L’herbe aux reflets étincelants
Sous la rosée du matin
Et du jour levant
De sa fraîcheur m’embrassant.

De l’oiseau qui perce les cieux
Aux couleurs enflammées
Dans son vol gracieux
Transporte mes espoirs inachevés.

De la clairière accueillante
De son cercle de chêne
Une passion débordante
Qui me libère de mes chaînes.

Simplement une inspiration
Gorgée de vie,
Enflamme mon exaltation
Et dans l’instant, me nourrit.

De la terre odorante
De son goût salé sur mes lèvres,
De sa vie foisonnante
… j’ai la fièvre!

Du feu dans mes veines,
De mon cœur incandescent
Je m’enflamme sans peine
Sous cette énergie m’envahissant!

Et des océans tumultueux
De mon esprit amoureux
Laisser la sérénité
S’installer dans la paix.

De ces rêves
Qui ne me laissent aucune trêve
Plus qu’une chimère,
Une réalité qui s'opère.