Les fêtes saisonnières

L'année celtique débute le 1° novembre sous la fête rituelle de Samhain.

Samhain représente le début de la période sombre de l'année. Elle marque l'instant subtil où se fondent les mondes des vivants et celui des Esprits, du visible et de l'invisible.

C'est la période froide et obscure où la Terre hiberne, de la mort nécessaire avant la prochaine renaissance.

Cailleach la Vieille passe son chemin, déposant son voile brumeux sur les forêts dénudées et les lacs glacés. Elle souffle la bise glaciale du nord-Ouest et fige la vie dans une torpeur latente.

Les jours raccourcissent toujours plus, plongeant le monde dans l'obscurité de la Terre.


Le temps s'écoule ainsi dans le silence jusqu'au solstice d'hiver (21 décembre), à Alban Arthan (La lumière d'Arthur). C'est le jour de la naissance du Mabon, Dieu de Lumière.

Une faible lueur perce le ciel dont s'égayent les vivants. La Terre se délecte de cette lumière, l'absorbe, la transforme. L'espoir de vie renaît.

De cet instant, les jours se rallongeront sous la croissance du Mabon.


La Terre se réchauffe chaque jour un peu plus sous les assauts bienfaiteurs du temps jusqu'à Imbolc, la fête de la Déesse Brighid (1°/2 février).

Les graines jusque là endormie se sentent prêtent à ensemencer la terre.

La Déesse nous présente son fils le Mabon, aujourd'hui jeune garçon.

Le miel et le lait de chèvre rempliront le bol d'offrande, les premières graines seront plantées.

La musique s'élèvera vers la cîme des arbres sous les chants d'Awen vibratoires.


Le lait et le miel... force nourricière qui fortifie le corps. Le Mabon en a bu et sa croissance n'a cessé depuis de s'amplifier. Aujourd'hui adolescent, il trouve une force égale à celle de l'obscur... Nous voici à alban Eilir (21 mars), l'équinoxe du printemps.

Les jours et les nuits sont de durées égales et à partir de maintenant, le Mabon ne cessera de croître jusqu'à son zénith.


Le soleil chauffe. Sa lumière s'étale sur le monde, perce les premiers feuillages, nourrit les premiers bourgeons des arbres fruitiers. Les fleurs éclosent dans une explosion de couleur, libérant leurs fragrances enivrantes.

Un souffle chaud s'insinue dans une bise de terre et les deux feux de Bel s'enflamment. Nous sommes à Beltane (1°/2 mai), la Fête de Bélen (Bélénos en Gaulois).

La Vie s'éveille sous l'assaut des sens, mue de nouvelles émotions.

Le Mabon est aujourd'hui roi. Le Chêne a vaincu le Houx. La lumière a vaincu.

Le roi choisit sa reine et ensemble renouvelle la vie.

L'hydromel coulera de la coupe et se déposera sur nos lèvres, arrosera la Terre et apportera sa lumière sucrée.


Le chemin se poursuit dans la période claire jusqu'à Alban Hefin (Lumière du rivage), le 21 juin au solstice d'été. Le Mabon a atteint son zenith. Sa force a atteint son paroxysme. La nature apporte ses fruits, les plantes leurs vertues.

C'est le jour le plus long avant de décliner doucement.


... Et Lugnasad arrive (1°/2 aout). Le dieu Lug commémore la mémoire de sa mère Tailtiu qui s'est sacrifiée pour nourrir son peuple... elle a moissonné jusqu'à son dernier souffle de vie.

Lugnasad est donc la période de la moisson. Le blé est blond à souhait, promettant un pain aux saveurs délicieuses.

La nature arrache sa chair pour nourrir l'homme, meurtrit son corps pour sublimer l'esprit.


Le soleil commence à pâlir. Le roi frémit.

Nous arrivons à la période de l'accomplissement.

Nous sommes à Alban Elfed (La lumière de l'Eau), à l'équinoxe d'Automne (21 septembre).

Les jours trouvent une période égale aux nuits.

C'est la fin d'un cycle.

La Nature arbore une tenue aux couleurs enflammées, libérant son parfum boisé, de la terre humide à la sève des arbres.

Le ciel se déchire, libérant l'eau qui bénit une année magique.

... Mais non loin de là, Cailleach prépare son chaudron. Le corps voilé de brume, elle attend son heure.

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